La France doit impérativement revoir sa politique africaine

Par Rafiek Madani

Un nombre croissant de pays africains rompent les liens sécuritaires qu'ils entretenaient depuis longtemps avec la France, car ils sont déçus de la façon dont Paris traite les questions importantes pour le continent.

En 2022, l'Afrique a tourné le dos à la France. Les pays africains ont coupé les liens de longue date avec Paris, se tournant plutôt vers le Commonwealth dirigé par la Grande-Bretagne. Les populations locales ont organisé des manifestations pour demander le départ des troupes françaises et réclamer des commandos russes Wagner à la place.

Parallèlement, d'autres puissances mondiales tentent d'accroître leur influence sur le continent africain. La Turquie se mobilise pour réaliser des travaux d'infrastructure à des prix très compétitifs. Des entreprises turques ont construit le nouvel aéroport de Dakar. La Chine investit dans la plupart des pays africains via des institutions financières créées à cet effet, notamment l'Exim Bank et la China Development Bank. Le Brésil, l'Inde et le Pakistan tentent également de développer des liens économiques plus étroits avec les pays africains.

Des erreurs importantes

La France a perdu les relations privilégiées qu'elle avait il y a 30 ans. C'est le résultat de la libéralisation des mouvements et des échanges, mais aussi le résultat de maladresses et d'erreurs graves de la part des autorités françaises - par exemple, le discours désastreux de l'ex-président Nicolas Sarkozy en 2007, dans lequel il déclarait que "l'Africain n'est pas complètement entré dans l'histoire...".

Discours de Sarkozy 2007 

Plus récemment, le président Emmanuel Macron en a été réduit à discuter de l'avenir de l'Afrique avec des associations et des étudiants à Montpellier au lieu de le faire avec des chefs d'État africains. Pendant longtemps, les sommets Afrique-France ont été la plateforme traditionnelle où tous les présidents d'Afrique francophone rencontraient le président français, où des relations se tissaient entre les participants et où des questions brûlantes pouvaient être discutées et des solutions trouvées. Ces rencontres privilégiées sont aujourd'hui révolues.

Une grave erreur a été commise lors du printemps arabe de 2011 avec l'intervention en Libye, organisée par l'ancien président Sarkozy contre l'avis des dirigeants africains, qui a conduit au renversement et à la mort du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Ce bouleversement a provoqué une anarchie totale en Libye. Les soldats touaregs armés qui avaient été mobilisés par Kadhafi sont retournés dans la région du Sahel et ont rejoint les mouvements terroristes ou rebelles.

C'est également une erreur d'avoir permis à une ancienne ministre des affaires étrangères du Rwanda, Louise Mushikiwabo, d'être nommée secrétaire générale de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). Le Rwanda a renoncé au français comme première langue, a rejoint le Commonwealth et mène depuis plus de 20 ans une campagne de propagande acharnée contre l'armée française. 

 

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